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Barème des droits de succession en ligne directe et calcul en France 2026

Barème des droits de succession en ligne directe et calcul en France 2026

La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès. Pour beaucoup de familles, c'est aussi la date à laquelle la facture fiscale devient réelle. Comprendre comment les droits de succession se calculent — quels abattements s'appliquent, quel taux, sur quelle base — permet d'anticiper le montant à régler et d'éviter les mauvaises surprises au pire moment.

La logique de base : lien de parenté et abattements

En France, les droits de succession ne s'appliquent pas à la valeur brute de la succession. Ils s'appliquent à la part nette taxable de chaque héritier, après application d'un abattement personnel qui dépend du lien de parenté avec le défunt.

L'abattement s'applique une seule fois par héritier, sur sa part individuelle. Il tient compte des donations faites au cours des 15 années précédentes — les dons passés sont donc « rappelés » fiscalement et consomment une fraction de l'abattement disponible.

Les droits en ligne directe : enfants, parents, petits-enfants

L'abattement de 100 000 € par enfant

Chaque enfant du défunt bénéficie d'un abattement personnel de 100 000 € sur sa part de succession. Si la part de l'enfant ne dépasse pas 100 000 €, il ne paie aucun droit de succession.

Cet abattement s'applique également aux héritages transmis aux parents (ascendants en ligne directe) dans les mêmes conditions.

Pour les petits-enfants qui héritent en représentation d'un enfant prédécédé, l'abattement de 100 000 € est partagé entre les petits-enfants représentant ce parent.

Le barème progressif en ligne directe

Au-delà de l'abattement de 100 000 €, le barème suivant s'applique sur la part nette taxable de chaque héritier :

Fraction de part nette taxable Taux applicable
N'excédant pas 8 072 € 5 %
De 8 072 € à 12 109 € 10 %
De 12 109 € à 15 932 € 15 %
De 15 932 € à 552 324 € 20 %
De 552 324 € à 902 838 € 30 %
De 902 838 € à 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %

Le taux marginal maximum de 45 % ne s'applique qu'à la fraction dépassant 1 805 677 € — soit des patrimoines très importants.

Exemple de calcul concret

Situation : succession de 500 000 €, deux enfants qui héritent chacun de 250 000 €.

Calcul pour chaque enfant :

  • Part brute reçue : 250 000 €
  • Abattement : 100 000 €
  • Part nette taxable : 150 000 €

Application du barème sur 150 000 € :

  • 5 % sur les 8 072 premiers euros = 403,60 €
  • 10 % sur les 4 037 € suivants (12 109 - 8 072) = 403,70 €
  • 15 % sur les 3 823 € suivants (15 932 - 12 109) = 573,45 €
  • 20 % sur les 134 068 € restants (150 000 - 15 932) = 26 813,60 €

Total des droits par enfant : environ 28 194 € Total pour les deux enfants : environ 56 388 €

Cet exemple illustre pourquoi il est crucial d'anticiper ces droits. Pour une succession immobilière, les liquidités disponibles pour payer le fisc ne sont pas toujours immédiates.

L'exonération totale du conjoint et du partenaire pacsé

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quelle que soit la valeur de ce qu'ils reçoivent. Cette exonération a été instaurée par la loi TEPA de 2007 et ne connaît aucun plafond.

Attention : cette exonération ne s'applique pas au concubin. Un concubin qui hérite — via un testament — est soumis à un prélèvement de 60 % après un abattement symbolique de 1 594 €.

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Les abattements spécifiques

Plusieurs abattements supplémentaires peuvent s'appliquer selon la situation :

  • Abattement handicap : 159 325 € supplémentaires pour les héritiers atteints d'infirmités physiques ou mentales les empêchant de travailler dans des conditions normales. Cet abattement se cumule avec l'abattement lié au lien de parenté.
  • Représentation : si un enfant prédécédé est représenté par ses propres enfants (petits-enfants du défunt), l'abattement de 100 000 € est réparti entre les représentants.
  • Frères et sœurs : abattement de 15 932 € uniquement. Le barème est nettement plus défavorable : 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà. Exception d'exonération totale si le frère ou la sœur est célibataire, veuf ou divorcé, âgé de plus de 50 ans ou infirme, et a vécu avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès.
  • Neveux et nièces : abattement de 7 967 €.
  • Autres héritiers : abattement de 1 594 € et taux de 60 %.

La base de calcul : ce qui entre dans l'actif successoral

Les droits de succession ne portent pas sur tous les biens du défunt. Certains actifs sont hors succession et ne sont donc pas taxés dans ce cadre :

  • Les contrats d'assurance-vie (sous conditions liées à l'âge et au montant des primes versées) bénéficient d'un régime fiscal distinct — l'article 990 I du CGI pour les primes versées avant 70 ans, l'article 757 B pour celles versées après.
  • Les donations antérieures doivent cependant être rapportées fictivement à la masse successorale pour calculer les parts, mais elles ne supportent pas à nouveau les droits si elles ont été déclarées dans les 15 ans.

La base taxable est donc l'actif net successoral, c'est-à-dire l'actif brut moins les dettes du défunt (emprunts en cours, factures impayées, impôts dus, frais funéraires dans la limite d'un forfait).

Le délai et les pénalités de retard

Les droits de succession doivent être payés en même temps que le dépôt de la déclaration, soit dans les 6 mois suivant le décès (pour un décès survenu en France). Le non-respect de ce délai entraîne :

  • Un intérêt de retard de 0,20 % par mois
  • Une majoration de 10 % après un premier seuil de retard
  • Des majorations supplémentaires en cas de retard prolongé

Il est possible de demander un paiement fractionné ou différé pour les successions illiquides (un bien immobilier qui ne se vend pas rapidement), mais ces mécanismes exigent des garanties réelles et supportent des intérêts.


La complexité du calcul des droits de succession — avec les abattements rappelés, les parts variables selon le lien de parenté et les actifs hors succession — justifie une préparation rigoureuse. Pour un guide complet de la succession en France, du gel des comptes bancaires aux délais fiscaux, le Guide de la Succession et du Règlement de l'Héritage en France propose des grilles de calcul simplifiées et un rétroplanning pour respecter l'échéance des 6 mois.

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